Collaboration avec l'Université de Parakou (Bénin)

01/09/2017

La médiation et la facilitation au service des dispositifs de coopération internationale

 Métier Mada

Village de Amby, Madagascar, des femmes suivent une formation de tissage de la soie naturelle sauvage. Cela semble simple et naturel. Pourtant, c’est une intervention extérieure (ONG de protection de la nature) qui fournit un métier à tisser et l’installe chez l’épouse du chef de village pour tenter de relancer une pratique «traditionnelle» qui doit générer des revenus dans un milieu extrêmement démuni, avec des orientations féminine et environnementale.

Cette « innovation » ne touchera pas toutes les villageoises, elle sera plus ou moins adoptée selon des lignes de force de certains réseaux sociaux, par des acteurs qui n’ont pas nécessairement les mêmes objectifs que les animateurs de l’ONG. Elle sera plus ou moins «appropriée» selon les normes et des règles sociales locales. L’ONG internationale devra traduire tout cela dans une évaluation sur base d'un cadre logique ou une « théorie du changement». En amont, elle aura veillé à ce que le projet « marche », qu’il soit adopté!

A une tout autre échelle, on trouve des programmes et des politiques de développement répondant à des référentiels qui circulent à l’échelle mondiale et qui mobilisent des dizaines de millions de dollars dans des arènes socio-politiques plus complexes. La couverture universelle de santé par exemple.

Dans les deux cas, micro intervention ou macro-politique publique, on sait désormais que les résultats sont peu prévisibles  et donc malaisément évaluables malgré l’arsenal croissant de méthodes de programmation-suivi-évaluation. Dans bien des cas, les effets sont imprévus, contradictoires, éphémères. Mais ils transforment les sociétés locales. 

Le pari du projet d’« Appui au master professionnel en médiation et facilitation dans des interventions de développement », en collaboration avec l’Université de Parakou (Bénin) est de former des intervenants directs, qui soient capables de mobiliser les enseignements de trois décennies de socio-anthropologie du développement et des outils particuliers comme ceux de la médiation et de la facilitation ou de l’analyse en groupe (analyse collective d’une situation problème) pour décoder, expliciter et tenter de gérer ces intérêts en présence multiples et divergents. Fondée sur l’hypothèse de la pluralité inévitable des intérêts sociaux et sur la multidimensionnalité de l’action sociale (qui répond toujours à des considérations enchevêtrées de calcul, de pouvoir et d’identité, notre approche vise à produire des compétences d’analyse mais surtout des capacités élargies d’intervention dans les arènes des projets et des politiques de développement). D’un point de vue pédagogique, le projet entend également construire cet enseignement et ces compétences sur base d’un apprentissage collectif, fondés sur des situations vécues, sur des cas concrets, sur des exercices de mise en situation. Nous cherchons aussi à mobiliser des acteurs des interventions, nationaux ou internationaux, dans le programme de formation. Le projet deviendra un master professionnel de sciences sociales destiné à des étudiants et à des professionnels actifs.

L’expérience est pilotée au Bénin par le Professeur Emmanuel Sambiéni, Vice-doyen du département de sociologie de l’UP. Y sont associés le Professeur Abraham Franssen (Saint-Louis, Bruxelles) et le Professeur Kimwanga Pèlerin, Recteur de l’Université Pédagogique Nationale en RDC. Les promoteurs liégeois sont Bénédicte Maccatory et Marc Poncelet.

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Version imprimable Page mise à jour le 19/12/2017