Master Population et développement - coopération internationale

Micro-projet étudiant au Sénégal : une expérience professionnelle inédite ! 

Voyage



S’immerger, au Sénégal, dans la réalité d’habitantes et d’habitants vivant dans une extrême pauvreté pour la comprendre, c’est l’expérience qu’ont vécue en novembre quatre étudiantes et un étudiant du Master en Population et développement de la Faculté des Sciences Sociales. Retour sur cette expérience humaine incroyable et cette immersion professionnelle inédite.

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L’équipe ULiège-Université de Thiès se présente ! 

Découvrez les images du voyage

Il s’agissait d’une expérience très différente de celle qu’on peut vivre dans le cadre d’un projet humanitaire où on part pour « aider ». Ici, nous avons mis sur pied une véritable collaboration avec une équipe d’étudiant·e·s et de chercheurs de l’Université Iba Der Thiam de Thiès (Sénégal) et mené avec eux un micro-projet. C’est grâce à une bourse obtenue auprès de l'ARES, avec leur enseignante Frieda Vandeninden que le voyage de Martin, Anna, Elisa, Armelle et Célia a pu voir le jour.

Le micro-projet portait sur la compréhension du système de protection sociale mis en place au Sénégal, et en particulier le Programme National de Bourses de Sécurité Familiale (PNBSF), qui alloue un transfert monétaire aux ménages les plus vulnérables. 

L’objectif était de comprendre les attentes et les ressentis des bénéficiaires au sujet de l'impact potentiel d'un tel programme de protection sociale sur leur niveau de vie. Pour ce faire, l’équipe belgo-sénégalaise a préparé et mené des entretiens qualitatifs durant deux semaines dans plusieurs villages auprès de familles bénéficiaires du PNBSF.

Accompagnés pas à pas vers l’autonomie

Avant de partir, nous avons largement préparé le terrain de recherche. Nous avons rédigé avec les étudiant·e·s un guide d’entretien qui a ensuite été relu par l’équipe du Professeur Dramani et de son doctorant Mr. Diallo, de l’Université Iba Der Thiam de Thiès, explique Frieda Vandeninden. L’équipe sénégalaise a ensuite assuré la traduction du guide d’entretien dans les différentes langues parlées dans la région et ont géré l'organisation logistique, en identifiant notamment des villages dans lesquels les binômes allaient mener les entretiens. 

Les étudiants ULiège ajoutent : Nous avons eu la chance d’être encadré·e·s, nous n’étions pas lâché·e·s dans l’inconnu. Notre Professeure, Madame Vandeninden était à nos côtés la première semaine, ainsi qu’un enseignant de Thiès. Les derniers jours, nous étions rôdés et avons été complètement autonomes. 

Découverte d’un travail multidisciplinaire et de la teranga sénégalaise 

Outre la découverte d’une culture, d’une cuisine, de paysages différents, la collaboration avec les étudiants de Thiès était intéressante à plusieurs égards. Ils nous ont apporté leur regard d’économistes ; ils avaient une bonne connaissance du système des bourses octroyées aux familles au Sénégal. De plus, grâce à leur maîtrise de la langue locale, ils ont pu jouer le rôle d’interprètes et réaliser avec nous la transcription des entretiens. 

Nous avons vraiment adoré travailler à vos côtés ! a exprimé Cheik, l’un des participants sénégalais lors d’un temps de débriefing organisé à distance. Plaisir partagé par l’équipe liégeoise. Nous avons découvert la « teranga» sénégalaise : les gens étaient très ouverts, chaleureux, sympathiques. Dans les villages, les habitants, très pauvres, étaient extrêmement résilients, souriaient sans cesse…

Au-delà des cours universitaires, comprendre la réalité de l’extrême pauvreté

Si dans le master en Population et développement, la question de la pauvreté est largement étudiée, y être confronté sur le terrain bouscule les idées reçues : Avant de partir, nous avions forcément certains a priori « d’occidentaux » qui ont été décousus au fur et à mesure de notre voyage. Les conditions de vie, par exemple, ne sont pas homogènes dans tout le pays : il existe une différence forte entre le milieu rural et urbain… c’est le jour et la nuit. Prenons les moyens de transport : en ville, on ne rencontre que des voitures. Dans les villages, c’est très différent : on croise des ânes, des charrettes, des pousse-pousse… Même nos binômes sénégalais, dont certains étaient citadins et originaires de la ville de Saint-Louis, se sont rendus compte de la réalité de la pauvreté extrême. 

La préparation des rencontres avec la population, notamment via le guide d’entretien, a permis aux étudiants de collecter des informations grâce à l’observation : Dans un milieu où tout le monde est pauvre, l’observation des différents contextes d’entretien nous a permis de distinguer la pauvreté et la pauvreté extrême : le sol de la maison en carrelage vs le sol en terre battue, le nombre de chèvres devant la maison…

Une vraie expérience concrète et pratique !

D’un point de vue professionnel, c’était super intéressant d’aller sur le terrain, c’était une première expérience ultra concrète. Nous avons pu mettre en pratique toute une série de notions, méthodes acquises durant nos cinq ans de formation. C’était très différent des entretiens qu’on avait pu faire auparavant en visio ou en face-à-face en Belgique. Nous nous sommes rendus chez les gens, avons participé à leur vie… Notre guide d’entretien nous a beaucoup servi, nous l'avons d'ailleurs fait évoluer après quelques entretiens tests pour mieux coller aux besoins du terrain. Au départ, nous posions une question au sujet de la composition de la famille. Nous avons vite compris qu’au Sénégal, cette notion avait une signification bien différente de la nôtre. Sous un même toit, vivent souvent plusieurs générations différentes et identifier le chef de famille relève du casse-tête ! Ces quinze jours d’entretiens ont  aussi nécessité de solides compétences organisationnelles : c’était aussi tout un apprentissage d’organiser nos transcriptions chaque jour, de ne pas prendre de retard sur celles-ci… les journées de travail se terminaient très tard mais nous passions de bons moments dans une ambiance de travail vraiment agréable. 

L’expérience au Sénégal se poursuit ! 

Ce projet nous a donné pas mal d’opportunités professionnelles ; quatre d’entre nous repartent au Sénégal pour un stage en février/mars 2024, notamment grâce aux contacts établis sur place. En effet, le micro-projet a aussi été l’occasion de rencontrer des acteurs clés impliqués dans la protection sociale, notamment la Délégation générale à la protection sociale et à la solidarité nationale, qui ont accepté d’accueillir des étudiants du Master en Sciences de la Population et du Développement en stage de fin d’étude. 

Deux étudiantes du groupe ULiège vont également réaliser un mémoire sur le programme des bourses. Nous allons étudier deux axes différents ; l’une de nous va étudier la question du ciblage par le gouvernement sénégalais des familles bénéficiaires et l’autre va s’intéresser aux bourses en tant que moyen d’autonomisation pour les femmes.  

Le micro-projet a aussi permis d’initier un nouveau partenariat avec l’Université Iba Der Thiam de Thiès et a donné une impulsion à de futures collaborations scientifiques et académiques entre les promoteurs du microprojet, les professeurs Vandeninden et Dramani. Nous n’en restons pas là ! Ce micro-projet nous a permis de réaliser la plus-value de collaborer ensemble sur des sujets de recherche communs. Frieda Vandeninden et Latif Dramani travaillent en effet tout deux sur des questions en lien avec la réduction de la pauvreté et les politiques sociales. Un jeune doctorant à l’Université Iba Der Thiam de Thiès va d’ailleurs focaliser ses recherches sur le PNBSF dans la lignée du micro-projet. 

En savoir + 

Master en Sciences de la Population et du développemenT - Cooperation internationale

Le micro-projet s'insère dans le cadre du cours Politiques de développement au Sud : Finances et outils qui aborde notamment la protection sociale dans les pays en développent et son impact sur la pauvreté. La participation au microprojet, sur base volontaire des étudiant·e·s, était conditionnée à la réussite du cours.

Contacts 

Frieda Vandeninden

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