Faculté des Sciences Sociales

Coopération internationale : de nouveaux enjeux, un secteur en mutation ?



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©️ Flickr - Schumer and Gillibrand Stop the Coup par greenelent

De longue date, la coopération internationale est l'un des domaines d'expertise de la Faculté des Sciences Sociales. A travers son master en population et développement et son certificat en Développement et coopération internationale, le CUDCI, elle contribue à former des professionnels dans ce secteur.  En avril dernier, elle a convié une série d'experts avec lesquels elle entretient des liens étroits pour évoquer l'avenir d'un secteur bousculé par le contexte actuel.

En clôture de la  la 16ème édition du Certificat d’Université en Développement et Coopération Internationale (CUDCI) de l’Université de Liège, une table ronde intitulée de manière volontairement provocatrice « Coopération internationale : stop ou encore ? » s'est tenue à la Faculté des Sciences Sociales. Elle visait à questionner les fondements, les tensions et l’avenir de la coopération internationale, dans un contexte mondial marqué par des coupes budgétaires massives, des recompositions géopolitiques, et une défiance croissante tant au Nord qu’au Sud.

La crise : une opportunité de transformation ? 

Les échanges ont mis en lumière une série de constats partagés : la coopération est en crise, mais cette crise pourrait aussi être une opportunité de transformation. Nicole Ikuku (Cercle de Coopération des ONGD du Luxembourg) a rappelé que « le Luxembourg reste un îlot d’engagement, mais reste vigilant face aux tentatives d’instrumentalisation ». François Polet (CETRI) a insisté sur la montée des discours souverainistes et la nécessité de sortir d’un modèle paternaliste d’aide. Arnaud Zacharie (CNCD 11.11.11), quant à lui, a évoqué « une guerre culturelle » autour de la solidarité internationale, avec des attaques venant autant de l’extrême droite que de courants prétendument réformateurs.

Un objectif commun, quels chemins ?

Tous s’accordent à dire que la coopération doit se réinventer. Mais les chemins divergent : pour certains, l’urgence est budgétaire et opérationnelle (Yvan Conoir, SERA), pour d’autres, c’est le récit et le sens politique de l’aide qu’il faut reconstruire (Mara Coppens, SPF Affaires étrangères ; Philippe Ryfman, Université Paris I, Panthéon-Sorbonne). Des divergences apparaissent également sur la place des acteurs non occidentaux dans ce nouvel équilibre : menace ou opportunité ?

De grands enjeux 

Trois lignes de tension ont émergé :

1.      La durabilité du financement, à l’heure des coupes massives (jusqu’à -37 % en France) ;

2.      La légitimité de l’aide, face à la critique du néocolonialisme et aux attentes des sociétés civiles du Sud ;

3.      La redéfinition des partenariats, dans un monde multipolaire, où les pays du Golfe, la Chine ou l’Inde deviennent des bailleurs majeurs.

Bref, "encore" mais autrement !

Plutôt qu’un “stop”, c’est un “encore, mais autrement” qui se profile : avec moins de certitudes, plus d’écoute des partenaires, et une nécessaire relégitimation de l’aide dans l’espace public. Comme le rappelait Isabelle Durant : « passer du registre moral à l’obligation juridique, via le droit au développement, pourrait rebattre les cartes. »

Revoir la table-ronde (vidéo ci-dessous)

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Retranscription textuelle de la table-ronde 

Se former en coopération internationale 

Master en population et développement- coopération internationale 

Ce master est accessible après de nombreux bacheliers universitaires ou après un bachelier de type court. 

Certificat en Développement et coopération internationale, le CUDCI

Publié le

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