Attentats du 13 novembre 2015 à Paris : 10 ans après
Et si la sociologie pouvait éclairer la manière dont une société se souvient ?
Et si la sociologie pouvait éclairer la manière dont une société se souvient ? Dix ans après les attentats du 13 novembre 2015 à Paris, le projet de recherche COMES se penche sur la mémoire collective associée à cet événement traumatique. Le projet vise à comprendre comment la mémoire collective de cet événement s’est construite, transformée et transmise au fil du temps.
Ce Projet de Développement de la Recherche (PDR) financé par l’Université de Liège se situe à la croisée de la sociologie et des neurosciences autour d’une question précise : comment les cadres sociaux façonnent-ils ce que nous retenons du passé.
Le projet est porté à la Faculté des Sciences Sociales par le Professeur Jean-François Orianne et Nawël Cheriet (post-doctorante) et au GIGA par Christine Bastin. Il est mené en partenariat avec Francis Eustache (neuropsychologue de l’Université de Caen) et Denis Peschanski (historien de la Sorbonne), tous deux co-responsables du Programme de recherche transdisciplinaire 13-Novembre.
Pendant deux ans, les chercheurs analyseront les témoignages recueillis à trois reprises (Étude 1000), pour comprendre comment les souvenirs individuels et collectifs évoluent, se transforment, ou s’effacent.
Une hypothèse centrale traverse le projet : les rôles sociaux -c’est-à-dire les fonctions que nous occupons dans la société, comme parent, collègue, ami ou citoyen, avec les attentes et responsabilités qui y sont liées- façonnent ce que nous retenons, ce que nous oublions, et la façon dont nous donnons sens au passé.
Jean-François Orianne avait contribué à l’analyse de la première phase de ces témoignages lors d’un séjour de recherche à l’université de Caen.
En proposant une approche pluridisciplinaire, le projet COMES propose une lecture originale du souvenir collectif au travers de :
- La sociologie pour la prise en compte des cadres sociaux de la mémoire (en particulier, les rôles sociaux)
- La neuropsychologie et la psychologie cognitive pour explorer les mécanismes de la mémoire collective et individuelle
- L’histoire contemporaine pour interroger les liens entre mémoire et récit historique,
- L’informatique et la linguistique pour analyser les corpus de textes via des outils spécifiques.
