Faculté des Sciences Sociales

Retour sur le colloque : Face aux inégalités, réinterpeller les outils des sciences sociales

Association Internationale des Sociologues de langue française



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Le colloque  de l'Association Internationale des Sociologues de langue française organisé en janvier 2026 à Liège a été l'occasion de réaffirmer le rôle des sciences sociales, et en particulier de la sociologie, dans le débat public et le caractère scientifique et rigoureux des démarches des chercheurs et chercheuses oeuvrant dans ce domaine.

Dans son discours d'ouverture, le Professeur Frédéric Schoenaers, Vice-Recteur à l'Enseignement de l'ULiège a souligné le rôle des sciences sociales dans le débat public quant à la question des inégalités : Les sciences sociales jouent évidemment un rôle fondamental dans la lutte contre les inégalités. [...] En tant que chercheurs et chercheuses — mais aussi, souvent, praticiennes et praticiens engagés dans des démarches de recherche-action — nous avons la responsabilité d’éclairer les débats publics et de tenter d’influencer les politiques sociales. C’est par la discussion collective et l’exploration de nouvelles orientations que nous pourrons contribuer à la lutte contre les inégalités et promouvoir un avenir plus juste et plus équitable.

Bruno Frère, Directeur de l'Institut de Recherche en Sciences Sociales de l'Université de Liège et Trésorier de l'AISLF, a quant à lui réaffirmé le rôle important de l'association : L'AISLF regroupe des sociologues dont le français est une langue de travail en recherche.[...]. Elle est précieuse parce qu’aujourd’hui, les sciences sociales en général — et la sociologie en particulier — sont attaquées de toutes parts : bannies des universités en Hongrie, au Japon et désormais en Floride ; placées en situation d’asphyxie financière par de nombreux gouvernements néolibéraux ; accusées, en France, par des responsables politiques de premier plan, de « casser la République en deux » ou encore de se rendre complices du terrorisme en « excusant l’inexcusable ».
Elles sont aussi mises en concurrence sur leurs objets de recherche avec d’autres disciplines — neurosciences, économie, criminologie[...] Dans ce contexte, l'AISLF et ses membres jouent aujourd’hui un rôle essentiel : celui de rassembler des collègues venus de tous horizons, déterminés à réaffirmer le caractère scientifique et rigoureux de nos démarches, qu’elles s’inscrivent dans le féminisme matérialiste, la sociologie des inégalités sociales, les perspectives décoloniales et intersectionnelles, la sociologie des mouvements sociaux, des classes sociales, du droit, des médias, du travail, des organisations, et bien d’autres encore.

La sociologie pour 

Pour Didier vrancken, Pro-Doyen de la Faculté des Sciences Sociales et Président d'honneur de l'AISLF, 

On peut retenir de ce colloque que toutes les analyses scientifiques convergent aujourd’hui pour confirmer que les inégalités n’ont cessé d’augmenter et même de se démultiplier depuis les années 80. Avec la montée des formes de précarité et de vulnérabilité, elles apparaissent même insupportables tant aux yeux de ceux et celles qui traversent des situations de manque, de souffrance que de ceux qui entendent lutter contre elles. Pourtant, comme le colloque l’a bien constaté, on observe aujourd’hui des mouvements de négation des inégalités, voire de haine de l’égalité, allant jusqu’à proclamer que l’inégalité serait naturelle. Face à un tel déni, ce colloque a rappelé que pour la sociologie, le défi est scientifique mais également normatif. Il s’agit de développer la réflexion mais aussi les outils, les approches, les données capables de documenter la matérialité des inégalités qui se décline concrètement dans les faits. Des faits qui à leur tour imprègnent les rapports sociaux, les pratiques, les existences là où précisément la post-vérité tend à nier les faits, les événements, la réalité sociale et même… la science.

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