Enseignement et société

Exploration de la cohabitation entre la faune sauvage et le castor



Etudier en profondeur une question environnementale d’actualité à partir de témoignages d’acteurs et d'actrices concerné·e·s, c’était l’objectif du Séminaire transdisciplinaire en environnement qui s’est tenu durant deux semaines en novembre à la Faculté des Sciences Sociales. Lors de cette édition 23-24, la cohabitation avec la faune sauvage et le castor a été explorée.

Le séminaire s’adresse aux étudiantes et étudiants en provenance des masters en sociologie, en anthropologie et du master de spécialisation en Gestion intégrée des risques sanitaires (Faculté de Médecine vétérinaire). La diversité des profils est ainsi au cœur de cette rencontre, réunissant une vingtaine de participantes et participants aux horizons académiques variés de sociologues, anthropologues, médecins, médecins vétérinaires, écologues ou encore biologistes. 

Pour cette édition, les enseignantes et enseignants leur ont soumis une nouvelle étude de cas (en 22-23, il avait été question des inondations vécues en Région wallonne en juillet 2021): celle de la cohabitation entre êtres humains, faune sauvage et castors en Région wallonne.

François Mélard : « Ce thème de la cohabitation avec la faune sauvage se pose avec une acuité nouvelle suite aux enjeux liés aux atteintes à la biodiversité et à notre dépendance à des écosystèmes renouvelés. S’intéresser aux castors s’impose suite à sa réintroduction en Belgique fin des années 90 et sa rapide colonisation de nos cours d’eau. La particularité du castor est d’être à la fois une espèce protégée intégralement (il ne peut être porté atteinte à sa population ni à son habitat) et d’être une espèce « à problèmes »… Leur faire une place ne va pas de soi lorsqu’ils entrent en compétition avec le développement de nos modes de vie (construction dans les zones inondables, plantations près des berges, développement des pratiques de pêche dans les étangs, etc.). Dès lors, la question est de savoir à quelles conditions cette coexistence est possible. Cette question, que se posent de nombreuses parties prenantes, est également prégnante pour bien d’autres espèces sauvages (y compris celles qualifiées de « nuisibles »).  

Des acteurs et des actrices concerné·e·s par ces enjeux de cohabitation, par leur gestion, leurs effets et leur évolution, notamment depuis les inondations de juillet 2021 en Wallonie, ont été invité·e·s à témoigner de la spécificité et des contraintes liées à leurs pratiques. Les étudiant.e.s et encadrant.e.s ont ainsi pu rencontrer un panel d'intervenant·e·s allant de hauts responsables de l’administration liée à la gestion du vivant, à des associations naturalistes en passant par des experts scientifiques et des riverains.

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Légende : François Mélard présentant Mr. Olivier Rubbers (Association « Guide’s bureau »), l’un des témoins entendus lors du séminaire.

François Mélard : « Souvent, il est vain de rechercher qui de tous ces intervenant·e·s détient la vérité… En matière de gestion, c’est souvent dans l’entre-deux que résident les clés de compréhension. Il s'agit de ne pas censurer trop vite des points de vue qui, quelques fois, se dérobent à nos premières impressions. Comme le dit le sociologue des sciences Andy Stirling, il s’agit "de garder dans un premier temps la complexité des situations"*. Et cela afin, in fine, de retracer les différentes manières d’envisager cette coexistence, leurs avantages et faiblesses. Il s'agit là d'une compétence essentielle en matière professionnelle."

Une journée de déplacement sur le terrain a également été organisée en première semaine afin de se rendre compte par soi-même des réalités de terrain et de leur complexité. Il s’agissait pour les participant.e.s d’ancrer dans des situations vécues des témoignages ou connaissances qui sinon, seraient restés abstraits. 

Chaque présentation d’intervenant.e a été suivie d'une séance de questions/réponses, d'un moment de réflexion individuelle et enfin d'un travail d'analyse en sous-groupes. 

Chaque sous-groupe a été épaulé par un binôme d’encadrantes et d'encadrants de disciplines différentes et cela tout au long du séminaire. Cette année, notons la participation exceptionnelle de trois observateurs internationaux colombiens : le Prof william Andres Martines Dueñas et la Prof. Astrid Lorena Perafan de la Universidad de Madgalena et la Prof. Kelly Escobar Jimenez de la Universidad del Atlantico. Lauréats d’une bourse ERASMUS+, ils ont suivis le séminaire et interagi avec les participant.e.s et encadrant.e.s. Ils sont intervenus également lors de Masterclasses dans le cadre des cours de master « Sociologie de l’acteur-réseau » et « Etudes sociales des Sciences et des Techniques » durant la quinzaine du climat de l’ULiège.  

 

Stirling, A. Keep it complex. Nature 468, 1029–1031 (2010). https://doi.org/10.1038/4681029a

Illustration barrage : Nolwen Vouiller, Faculté des Sciences Sociales

Contact

François Mélard

Autres membres de l'équipe pédagogique : Nicolas Antoine-Moussiaux, Rachel Brahy, Maureen Goebel, Messaline Jaumotte, Monia Massaro, François Melard, Véronique Servais, Nolwen Vouiller, Nawel Zarhouni

En savoir + 

Edition 22-23 du séminaire  

Séminaire transdisciplinaire en environnement dans le cadre du master en Sociologie 

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